La vinification
 


Chais cathédrale JG Monnet à Cognac

 

La vinification est l'ensemble des opérations nécessaires à la transformation du moût (nom du jus de raisin) en vin. C'est l'ensemble des opérations nécessaires à l'élaboration des vins. Certaines de ces opérations sont nécessaires, telle la fermentation alcoolique, et d'autres permettent d'affiner le profil du vin, tant au niveau aromatique (olfactif) que gustatif (goûts).

La vinification se déroule dans un chai.
Le chai peut aussi correspondre au lieu de conservation des vins ou des eaux-de-vie dans les régions où on ne creuse pas de caves, n emploie alors plutôt le terme de cellier
.

Les travaux de Louis Pasteur, au XIXe siècle, ont donné à la vinification une base scientifique.


Les étapes de la vinification
 

Selon le type de vinification l'ordre des étapes est différent. D'autre étapes peuvent se rajouter.

Les processus principaux sont:

  • L'éraflage (ou égrappage) consiste à séparer les baies de la rafle (pédoncules de la grappe) qui peut donner des arômes herbacés (déplaisants) au vin. L'opération est faite avec un outil nommé égrappoir ou érafloir. Les grains collectés tombent dans un fouloir.

  • Le foulage consiste à faire éclater les baies de raisin pour en libérer le jus. Cette opération permet un ensemencement du jus par les levures présentes sur les peaux de raisins.

  • Le pressage ou pressurage des baies se pratique dans un pressoir à vin. Il a lieu avant la fermentation pour le vin blanc mais après la fermentation pour le vin rouge. Il permet de récupérer le jus (le moût) dans un réceptacle nommé "maie" d'ou il va être pompé pour être envoyé dans une cuve de décantation. Le pressage du marc permet d'extraire le vin de presse (vins rouges). Cela consiste à séparer les parties solides et la partie liquide.

  • Le débourbage consiste à clarifier le moût en enlevant les particules en suspension. Le jus clarifié est envoyé en cuve de fermentation.

  • La macération traditionnelle ne se pratique que pour les vins rouges. Elle se fait en mettant le raisin en cuve (cuvaison) pour la fermentation alcoolique. Elle peut se poursuivre au-delà de la fermentation alcoolique (macération post-fermentaire). La macération préfermentaire à froid (4-15°C) ou macération carbonique utilise des raisins entiers et permet d'avoir un début de fermentation alcoolique dans la baie de raisin. Ce procédé a été décrit par Pasteur. La macération pelliculaire des blancs et rosés consiste en un contact de quelques heures des pellicules et du jus pour faire diffuser dans le jus les précurseurs aromatiques et les anthocyanes (pour les rosés). En cas de besoin, la macération finale à chaud, obtenue en chauffant la cuve à 30-45°C, permet d'extraire plus de tanins fondus.

  • Pour les vins rouges, la réincorporation du mout et du marc permet une meilleure extraction des couleurs et tanins. Elle peut se faire par différentes méthodes.

    • Le remontage ou délestage consiste à récupérer le moût en cours de fermentation accumulé dans le bas de la cuve pour le reverser sur le chapeau de marc qui flotte à la surface de la cuve.

    • Le pigeage est une opération unitaire spécifique à la vinification en rouge qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation tout en l’émiettant pour favoriser la diffusion des composés des phénoliques et des arômes.

  • La fermentation alcoolique permet aux levures de transformer progressivement le sucre en alcool. Elle se réalise en cuve (généralement en inox ou en béton recouvert de résine) et dure de 15 à 45 jours pour un vin sec et jusqu'à plusieurs mois pour un vin doux. La fermentation produit un important dégagement de gaz carbonique (CO2) et une élévation de la température qui peut être néfaste aux levures. La thermorégulation permet de respecter des températures optimales (entre 26 et 32°C).

  • La fermentation malolactique permet de réduire l'acidité des vins par transformation de l'acide malique en acide lactique, à une température de l'ordre de 20°C. Elle s'applique au vin de goutte et au vin de presse.

  • L'écoulage ou soutirage consiste à extraire le vin de goutte de la cuve en le séparant du chapeau de marc et de la lie par écoulement gravitaire. Il permet d'éliminer le CO2 acquis pendant la fermentation malolactique.

  • Le sulfitage du moût ou du vin permet de les protéger de l'oxydation. Il permet également de clarifier les moûts de blanc.

  • Le collage du vin, autrefois réalisé au blanc d'œuf, peut aujourd'hui être fait avec de nombreuses autres techniques et composés permettant de clarifier et de stabiliser les vins en faisant floculer et précipiter les particules en suspension.

  • L'assemblage consiste à composer un vin à partir des différentes cuvées disponibles.

  • L'ouillage consiste à assurer le remplissage périodique des barriques pour compenser les pertes par évaporation.

  • Un filtrage peut être réalisé avant la mise en bouteille.

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Fermentation malolactique

En vinification, la fermentation malolactique est la transformation de l'acide malique en acide lactique par l'intermédiaire de bactéries anaérobies appelées bactéries lactiques comme par exemple Oenococcus oeni. Se traduisant par une diminution de l'acidité, elle permet une stabilisation et un assouplissement du vin, particulièrement recherchés pour la vinification en rouge.

La fermentation malolactique est longtemps passée inaperçue. Elle a été observée pour la première fois au XIXe siècle en Suisse et en Allemagne : le microscope révélait une augmentation de l'activité bactérienne, suivie d'une augmentation de l'acidité volatile. La baisse d'acidité, quant à elle, était imputée à la précipitation du tartre. La "malo" semblait donc dégrader le vin, et on essayait à tout prix de l'éviter. Pasteur disait : "les levures font le vin et les bactéries le détruisent".

C'est la chromatographie sur papier qui permit de mesurer son état d'avancement et la fit entrer dans les chais. Elle est maîtrisée depuis les années 1963-1972. La fermentation malolactique intervient après la fermentation alcoolique, une fois que tous les sucres ont été consommés. Elle provoque un dégagement de gaz carbonique avec une légère augmentation de l'acidité volatile du vin.

Elle permet de garder une qualité constante d'une année à l'autre : les bactéries diminuent l'acidité les années où les raisins ont eu du mal à arriver à maturité. La consommation de 1 g/L d'acide malique fait chuter l'acidité totale de 0,4 g/LH2SO4.

C'est la fermentation de l'acide citrique et des pentoses qui fait augmenter l'acidité volatile. L'augmentation de cette dernière se fait surtout en fin de malo, et est facilitée par un pH élevé.

Une fois la malo terminée, les bactéries peuvent s'attaquer à l'acide tartrique, au glycérol, aux pentoses, etc. et faire apparaître des défauts.

On peut l'éviter en éliminant les bactéries lactiques par chauffage, sulfitage, filtration, addition de lysozymes, d'acide fumarique ou de nisine.

Éliminer l'acide malique du vin évite à d'autres bactéries de le fermenter une fois en bouteille.

Souvent appelée "malo" par le praticien, cette fermentation amène généralement des arômes lactés/beurrés.
 

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Fermentation alcoolique :
 

La fermentation alcoolique est le résultat d'une chaine métabolique qui transforme des sucres fermentescibles par des levures en alcool et en dioxyde de carbone, avec dégagement de chaleur :

C6H12O6 → 2 C2H5OH + 2 CO2 + 25.4 calories sous forme d'ATP.

Le bilan de cette transformation est énergétiquement favorable (production d'ATP) : le processus est exergonique.

Il existe un grand nombre d'espèces de levures utilisées pour la fermentation. La plus connue est la levure de bière. On peut utiliser aussi des moisissures.

Lors de la vinification, les sucres du moût, sous l'action de levures se transforment en alcool éthylique (les levures sont des champignons microscopiques). Le phénomène s'accompagne d'un dégagement de dioxyde de carbone et d'une élévation de température.

Les levures produisent aussi :

  • des composés secondaires : alcools supérieurs, glycérols (glycérine), acide succinique, acide acétique (c'est l'acidité volatile).

  • des substances aromatiques : odeurs de banane, de bonbons anglais, qui participent aux caractéristiques des vins primeurs (Beaujolais, Coteaux du Lyonnais, Gamay de Touraine…)

Les arômes issus du raisin ou arômes variétaux sont dit primaires ; ils sont dit secondaires lorsque issus de la fermentation ; ceux qui se développent au cours de l'élevage du vin ou de l'évolution en bouteille, sont dit tertiaires.

Les levures sont omniprésentes dans la nature, collées sur la pruine de la peau du raisin, sur le matériel vinaire des chais. Lorsqu’elles sont de souche médiocre ou en nombre insuffisant, le vinificateur a recours au levurage.
 

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Elevage du vin :
 

L'élevage du vin est l'ensemble des soins à donner au vin pour l'amener à sa qualité optimale.

L’élevage du vin est une étape essentielle qui se situe entre la fin de la fermentation alcoolique et la mise en bouteille. Son objet est principalement, selon les types d’élevage :

  • de purifier le vin de ses impuretés par les opérations de soutirage

  • de faire vieillir le vin

  • de faire évoluer ses arômes

  • de compléter la structure du vin par l’apport de tanins externes

  • de préparer les assemblages finaux afin de rendre le vin « consommable » lors de la mise en bouteille.

On peut distinguer 2 grands types d’élevage :

L’élevage en cuve inox : La durée de ce type d’élevage est assez courte, de 1 à 2 mois dans le cas des vins nouveaux comme le Beaujolais jusqu’à 10 à 12 mois pour des vins plus évolués nécessitant un vieillissement d’un an avant la mise sur le marché.

Pendant cette période, les fines particules en suspension dans le vin se déposent doucement au fond des cuves pour former une lie. Seule, la partie liquide (haut de la cuve) sera mise en bouteille. L’élevage en cuve convient à la production de vins vendus à des prix abordables car il est économique comparativement à l’élevage en barrique. Il permet également de conserver le fruité du vin, de grands vins peuvent donc être élevés en cuve.

L’élevage en barrique : il représente pour beaucoup d’amateurs une garantie de qualité. S’il est recommandé pour des vins aux arômes boisés, il n’est pas adapté pour tous. Le choix des bois et l’intensité de brûlage des barriques est essentiel dans le goût final du vin. Les très grands châteaux comme les premiers crus de Bordeaux élèvent leurs vins chaque année dans des barriques exclusivement neuves. On dit alors que l’élevage est 100% bois neuf. L’apport de tannins par le bois est alors extrêmement important et seuls les raisins très concentrés le justifient, le supportent et le méritent. Ceci explique les arômes trop vanillés ou trop torréfiés (intensité de brûlage du bois) que déplorent certains dégustateurs car un tel traitement du vin « efface » les spécifités du terroir lorsque les vins sont jeunes.

L'élevage du vin est composé des phases suivantes :

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Les Tanins :
 

Les tanins sont des substances d'origine organique que l'on trouve dans pratiquement toutes les parties des végétaux (écorces, racines, feuilles, etc.). Elles jouent le rôle d'armes chimiques défensives contre certains parasites.

Les tanins sont caractérisés par une sensation de dessèchement en bouche. Par exemple, les pépins de raisins sont très chargés en tanins.

Le bois des tonneaux donne aussi au vin stocké ces caractéristiques d'astringence. Elles s'atténuent avec le temps (on dit que les tanins « s'arrondissent »).

Le tanin se retrouve aussi dans le cidre, le calvados et le pommeau, s'ils ont été produits dans des tonneaux en bois (chêne, châtaignier...).

Les tonneaux en bois de châtaignier libèrent beaucoup plus de tanins que ceux en chêne.

Les tanins sont utilisés entre autres applications, dans la clarification des vins et des bières.

Certains tanins auraient des propriétés antioxydantes, expliquant certains effets bénéfiques du vin sur la santé (protection cardio-vasculaire à doses modérées). Ils stopperaient également le développement des microbes.
Les phénols interviennent dans les caractères organoleptiques du vin (saveur, astringence, dureté), dans les problèmes d’hygiène alimentaire (effet vitaminique P et effet bactéricide) et dans les transformations du vin (traitements et vieillissement). En particulier, ces substances, qui proviennent de la partie solide de la grappe, sont responsables de toutes les différences entre les vins blancs et les vins rouges.


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